PEA ou assurance-vie : lequel choisir ?

Par Luc Vayssade, fondateur de FinarborMis à jour le 7 octobre 20264 min de lecture

Le PEA et l'assurance-vie sont les deux enveloppes préférées des Français pour investir sur le long terme. Elles n'ont pourtant ni les mêmes règles, ni la même fiscalité, ni le même rôle. Voici comment elles fonctionnent en 2026, et comment choisir selon vos projets.

Le PEA en bref

Le plan d'épargne en actions permet d'investir en actions d'entreprises européennes et dans les fonds et ETF éligibles, dont certains répliquent des indices mondiaux. On ne peut détenir qu'un seul PEA par personne.

  • Plafond de versements : 150 000 €. Les gains peuvent ensuite faire grossir le plan au-delà.
  • Avant 5 ans : un retrait entraîne en principe la clôture du plan, et les gains sont imposés au prélèvement forfaitaire unique, soit 31,4 % en 2026 (12,8 % d'impôt et 18,6 % de prélèvements sociaux).
  • Après 5 ans : les gains sont exonérés d'impôt sur le revenu. Seuls les prélèvements sociaux restent dus, à 18,6 % en 2026. Vous pouvez faire des retraits partiels sans fermer le plan, et continuer à y verser.

Le PEA est donc particulièrement adapté à l'investissement en actions sur le long terme.

L'assurance-vie en bref

L'assurance-vie est un contrat souscrit auprès d'un assureur, dans lequel vous placez votre argent sur différents supports :

  • le fonds en euros, dont le capital est garanti par l'assureur (hors frais), avec un rendement modeste ;
  • les unités de compte : fonds, ETF, immobilier (SCPI)… plus dynamiques, mais sans garantie du capital.

Il n'y a pas de plafond de versements, vous pouvez détenir plusieurs contrats, et l'argent reste disponible à tout moment (un retrait prend généralement quelques jours).

  • Avant 8 ans : les gains retirés sont imposés à 30 % (12,8 % d'impôt et 17,2 % de prélèvements sociaux).
  • Après 8 ans : un abattement annuel de 4 600 € de gains (9 200 € pour un couple) s'applique sur l'impôt. Au-delà, les gains sont imposés à 7,5 % (ou 12,8 % pour la part des versements dépassant 150 000 €), plus les prélèvements sociaux.
  • Prélèvements sociaux : ils restent à 17,2 % en 2026 pour l'assurance-vie, qui a été exclue de la hausse appliquée aux autres placements.

Enfin, l'assurance-vie est un outil de transmission : les sommes versées avant 70 ans bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire, en dehors de la succession. Pour les versements après 70 ans, l'abattement est de 30 500 € au total, mais les gains réalisés sont exonérés.

Le comparatif

PEAAssurance-vie
Plafond de versements150 000 €Aucun
Placements possiblesActions européennes, fonds et ETF éligiblesFonds en euros garanti, fonds, ETF, immobilier (SCPI)…
Nombre de contratsUn seul par personneAutant que vous voulez
DisponibilitéRetrait avant 5 ans = clôture (sauf exceptions)À tout moment
Fiscalité des gainsAprès 5 ans : 18,6 % (prélèvements sociaux seuls)Après 8 ans : abattement de 4 600 € ou 9 200 €, puis 7,5 % + 17,2 %
FraisCourtage à chaque achat, souvent faibles chez un courtier en ligneFrais de gestion annuels du contrat, parfois frais de versement
TransmissionPas d'avantage particulierAbattement de 152 500 € par bénéficiaire (versements avant 70 ans)

Comment choisir selon votre situation

Vous voulez investir en actions sur le long terme

Le PEA présente des atouts : frais réduits et fiscalité très légère après 5 ans. Un ETF éligible au PEA qui réplique un indice mondial permet d'être largement diversifié dans une seule ligne.

Vous voulez de la souplesse ou une partie sécurisée

L'assurance-vie permet de mélanger un fonds en euros garanti et des supports plus dynamiques, et de retirer à tout moment sans fermer le contrat. Elle convient bien aux projets à moyen terme et aux personnes qui veulent une part de sécurité.

Vous pensez à la transmission

L'assurance-vie n'a pas d'équivalent pour transmettre un capital à vos proches dans un cadre fiscal favorable, à condition d'y verser de préférence avant 70 ans.

Ce que change la date d'ouverture

Dans les deux cas, le compteur fiscal démarre à l'ouverture du contrat, pas à chaque versement. Ouvrir un PEA ou une assurance-vie, même avec un petit montant, permet donc de « prendre date » : après 5 ou 8 ans, les avantages fiscaux s'appliquent aussi à ce qui aura été versé entre-temps. Ouvrir ou non reste un choix à faire selon vos objectifs.

Les deux enveloppes sont moins concurrentes que complémentaires : le PEA vise la partie actions à long terme, l'assurance-vie la souplesse, la sécurité et la transmission.

À retenir : le PEA est conçu pour investir en actions sur le long terme ; l'assurance-vie est souple et offre un cadre favorable pour transmettre. Ouvrir tôt permet de prendre date ; la répartition des versements dépend ensuite de vos objectifs.

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Cet article a une vocation pédagogique et ne constitue pas un conseil en investissement personnalisé. Investir comporte un risque de perte en capital ; les performances passées ne préjugent pas des performances futures. Les taux et règles fiscales cités sont ceux en vigueur à la date de mise à jour de l'article.